[ Tissages ]

Je commence cet article à quelques jours de Noël, la fin de l’année approche à grands pas. Alors que j’écris ces mots, j’admire le soleil se coucher sur le lac Titicaca. A cette altitude, on croirait pouvoir toucher les nuages et attraper le soleil à mains nues. Les montagnes nous entourent et leurs silhouettes découpent l’horizon.

Le 4 décembre dernier, nous sommes partis de Tarapoto pour rejoindre Cusco, la capitale Inca. La transition dans la Sierra Andine, après 3 semaines dans la Selva amazonienne, nous a fait tourner la tête. Nous avons radicalement changé de décor : 20 degrés de moins et 3400 mètres d’altitude de plus.
Fini les moto-taxis, les maisons sans vitre et les routes en terre. Les chiens errants ont plus que bonne mine ici, il y a l’option eau chaude dans les douches (aléatoirement). On dépose des taureaux sur les toits des maisons pour porter chance à leurs habitants, on fait sauter du pop corn dans la rue, on tisse des bracelets et des portes bonheurs sur les places, les trottoirs. Les lamas et les alpagas sont promenés en laisse ou, tels des bébés, dans les bras des femmes habillées de mille couleurs.

A force de grandes tasses de tisane de coca, et autres remèdes quelque peu farfelus, le mal des montagnes a fini par nous laisser tranquilles.
C’est la visite du Machu Picchu qui a réellement marqué le début cette nouvelle étape. Un voyage dans le voyage. Une expérience inoubliable, presque impossible à retranscrire.

La culture Inca imprègne profondément le sud-est du Pérou. Il en émane une atmosphère sacrée qui appelle à toujours plus de respect du vivant. Les symboles sont partout, on croit au destin et à l’équilibre des éléments et aux forces de la nature. On parle d’ « Ayni », principe quechua qui signifie « réciprocité, équilibre. ». Wilver m’en avait parlé à Lagunas et aujourd’hui je comprends beaucoup mieux. Il s’agit d’un système d’échange et d’entraide mis en place par les habitants des Andes qui perdure aujourd’hui comme une philosophie de vie.
J’ai admiré les mamies tisser comme un musicien jouerait du piano : avec une aisance que l’on sait être le fruit de dizaines d’années de pratique.

Toutes ces découvertes et ces énergies ont alimenté mon inspiration. Je me suis essayée à dessiner et à broder des montagnes, des lamas et des motifs inspirés des différents peuples de la culture Quechua. Je teste, je dessine, j’expérimente et je m’allège de l’attente de résultat. • Plusieurs motifs sont déjà griffonnés pour Marie Marcelle et je les partagerai à mon retour. •
J’ai tenté de déchiffrer la complexité des tissages, sans y parvenir le moins du monde. Cette culture immatérielle est insaisissable et inaccessible à celui qui ne fait que passer.




Les arts textiles occupent une place prépondérante dans la Vallée Sacrée, ils en sont une composante essentielle.
Chaque village possède ses motifs traditionnels, ils sont à la fois des références culturelles et des expressions artistiques propres à chaque tisserande. Les teintures se font grâce aux plantes et aux savants mélanges de citron et de cochenilles.





J’ai échangé quelques paroles avec les tisserandes, initié deux jeunes filles à la broderie et partagé des histoires avec des créatrices et artistes de Cusco. Il faut dire que dans le quartier de San Blas où nous résidions, l’artisanat est mis à l’honneur.

Ces 15 jours dans la Vallée Sacrée des Incas ont clôturé notre séjour au Pérou. Ce pays a encore bien des merveilles à nous dévoiler et j’espère avoir un jour la chance d’y retourner, qui sait, le voyage est loin d’être terminé.












Nous sommes depuis quelques jours en Bolivie 🇧🇴 et l’aventure se poursuit. Nous allons passer le cap de la nouvelle année dans le sud du pays, au Salar de Uyuni. Je reviendrai sur le séjour bolivien dans le prochain article.
Ne me reste qu’à vous souhaiter une très belle fin d’année ! On se retrouve en 2024 ⭐️.
Hélène Voinson
Pour Take It Arty !
